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  Vous avez été nombreux à réagir à l’émission consacrée à Jean-Luc Mélenchon sur BFMTV. C’est au cours de cette émission que le leader de la France Insoumise a mis fin à l’insoutenable suspens qu’il entretenait depuis plusieurs mois au sujet de sa candidature pour la présidentielle de 2022. Le voile est donc levé. Fort du soutien de 150.000 signatures citoyennes, Jean-Luc Mélenchon aurait reçu la légitimité populaire de s’élancer pour une 3ème tentative. 

Ali Melenchon... et les 150 000 citoyens

   Ce chiffre de 150.000 aurait pu être plus ambitieux. La page Wikipedia de la France Insoumise revendiquant plus de 600.000 adhérents,  on se demande où sont passés les 450.000 restants. Et les 7 millions d’électeurs du premier tour de 2017, que sont-ils devenus ? Le moins qu’on puisse dire est qu’on est loin du plébiscite populaire.

   Pour justifier ce chiffre, Jean-Luc Mélenchon invoque la mémoire de Lionel Jospin qui, en 2012, avait formulé une proposition analogue dans un rapport remis à François Hollande. Il lui aura donc fallu 8 ans pour comprendre l’intérêt d’une telle mesure ; 8 ans pour passer du mutisme à la rédaction d’une proposition de loi qu’il promet pour le mois de mai 2021 ; 8 ans et la diffusion d’un article du Pays des Souris pour en démontrer les vertus démocratiques. Car vous n’êtes pas sans vous rappeler que le principe de parrainages citoyens avait fait l’objet d’une Newsletter que je vous avais adressé le 14 octobre 2019. Pour ceux qui ne l’auraient pas reçu, je vous invite à retrouver l’article original

   Je tiens donc à préciser, puisque l'actualité m'y contraint, que contrairement aux apparences je n’ai pas rejoint les rangs de la France Insoumise. Non, je ne me suis pas mis "en marche" derrière son charismatique Lider Maximo. Si Jean-Luc Mélenchon reprend à son compte la mécanique de parrainages citoyens telle que je l’ai expliquée dans mon article d’octobre dernier, c’est tout simplement qu’on lui aura soufflé au creux de l’oreille. Vous êtes en effet plus de 4.000 à recevoir régulièrement la newsletter du Pays des Souris. Parmi vous, certainement, des militants de la France Insoumise qui auront jugé opportun de lui soumettre la bonne idée. 

  Le rapt intellectuel est extrêmement répandu en politique. J’y consacre un chapitre dans le Livre des Souris que je compte publier pour la rentrée de septembre 2021. Comme tous les partis politiques, la France Insoumise ne déroge pas aux traditions de la Vème République. Elle fait son marché, picore çà et là les idées qu’elle estime bankable et les accommode à sa sauce pour les intégrer à un catalogue de promesses électorales. 

   Je suis évidemment flatté que mes propositions soient reprises par des personnalités politiques de premier plan et alimentent ainsi le débat public. Je regrette toutefois que ceux qui se les approprient omettent de citer l’origine de « leurs » brillantes découvertes, non pas que je revendique un quelconque droit de paternité sur une idée déjà évoquée en 2012, mais parce que leur silence à mon endroit m’implique contre ma volonté.

   En s’appropriant les idées des Souris, les Chats qui tentent de conquérir ou de conserver le pouvoir, laissent croire qu’ils seraient les seuls à disposer des compétences utiles à l’élaboration d’un projet politique crédible. Ceci est évidemment préjudiciable au renouvellement indispensable de nos élites. Mais il y a une morale à cette histoire. Un Chat, beau-parleur et charismatique, sachant parler le langage des Souris restera toujours un Chat. 

   Parole de Souris