Islande, 

une surprise peut en cacher une autre...

Rassurez vous je n’ai pas l’intention de vous parler de l’Euro de foot. Tout a déjà été dit sur cette sympathique équipe Islandaise, véritable révélation de la compétition qui a brillamment poussé l’Angleterre à un second Brexit en moins de 48h.

 

Si je vous parle de l’Islande c’est que ce pays - qui compte moins d’habitants que la ville de Nice - s’est récemment illustré, non pas sur le terrain sportif, mais sur le terrain politique. 

En effet, pendant que toutes les caméras d’Europe n’avaient d’yeux que pour leur équipe de football, les Islandais ont élu samedi 25 Juin leur nouveau président

Rien de bien révolutionnaire, me direz-vous. De nombreuses démocraties votent régulièrement, y compris pour élire leur chef d’état. Mais l’élection présidentielle Islandaise à ceci de singulier que le nouveau président fraichement élu n’est pas issu du sérail politique. Gudni Johannesson, c’est son nom, est un universitaire de 48 ans, professeur d’histoire, non-encarté et néophyte en politique. Un citoyen lambda, en quelques sortes. Autant dire qu’une telle situation serait impensable dans un pays comme la France où, Panama Papers ou non, les candidats à l’élection présidentielle sont exclusivement issus des partis politiques !

En comparaison avec l’élection Autrichienne d’il y a quelques semaines, cette élection est passée totalement inaperçue par nos médias nationaux. Connaissant les rapports parfois incestueux entre pouvoir politique et médiatique, le silence de la presse s’explique peut-être par la nature-même du candidat qui vient d’être élu. Imaginez un peu que les français soient informés d’une telle possibilité et qu’il leur vienne soudain l’envie saugrenue de soutenir, eux aussi en 2017, un candidat qui ne soit pas estampillé d’un parti politique ? 

Et puis quoi encore !?

‘’On ne peut pas dire la vérité à la télé, y a trop de monde qui regarde’’, disait Coluche.  Ceci explique sans doute cela…

 

Pendant que les citoyens islandais se débarrassaient de leurs politiciens véreux et corrompus, notre presse nationale, elle, préférait commenter le dernier meeting dont tout le monde se fout de Nicolas Sarkozy ou la dernière déclaration de François Hollande que plus personne n’écoute. Ces 2 futurs candidats - pas encore déclarés - ont pourtant en commun de ne pas être souhaités par les français. On voudrait nous les imposer qu’on ne s’y prendrait pas autrement…

 

Mais l’Islande n’en est pas à son coup d’essai.

En 2009, la révolution des casseroles contraint le gouvernement à une démission collective. Après une période d’austérité sans précédent, les banques sont finalement poussées à la faillite. Certains banquiers finiront même derrière les barreaux. Une Assemblée Constituante sera organisée dans le but d’écrire une nouvelle Constitution rédigée, non par des politiciens professionnels, mais par des citoyens volontaires et tirés au sort.

Ça non plus, aucun médias Français n’en a parlé. On se demande bien pourquoi…

 

L’équipe d’Islande de football à soufflé un vent de fraicheur sur l’Euro 2016. Une démonstration sportive où l’état d’esprit, l’engagement et le sens du collectif l’ont emporté sur les faiblesses techniques présumées de leurs joueurs. Nombre de clubs européens professionnels feraient bien de s’en inspirer. Et quitte à prendre exemple sur les valeurs sportives évidentes de l’Islande, peut-être pourrions-nous également nous inspirer des avant-gardismes démocratiques de ce pays et nous poser cette question : Combien de temps encore allons-nous considérer que les candidats des partis sont les seuls légitimes à pouvoir briguer un mandat présidentiel ?

 

La balle est dans le camp des électeurs…

Au Pays

     des Souris

le Blog politique de

Stéphane Guyot

 A voir          

 Le chiffre      

87% des Français     considèrent que les responsables politiques ne se préoccupent pas, ou peu, des gens comme eux.

Et vous ?

 Ailleurs sur le Web              

Islande, une leçon de démocratie

José Saramago : ''Nous ne vivons pas en Démocratie''

Espagne : les "indignés" de Podemos en tête à Madrid et Barcelone

©Stephane Guyot 2020- Tous droits réservés