Législatives 2017 : le Casse du siècle !

Au Pays des Souris...le Film !

Entre 2 reportages à la gloire de notre nouveau président, vous avez certainement entendu parler de financement public des partis. Un aspect financier de la vie politique, rarement évoqué dans la presse qui demeure pourtant un élément déterminant de la (sur)vie des principaux mouvements. Car il ne faudrait surtout pas croire que ce sont les adhérents qui font la fortune des partis. Je vous rappelle que l’ensemble des formations politiques représentent, en nombre d’adhérents cumulés, à peine 1% du corps électoral français. Ce n’est pas avec si peu de monde qu’ils vont se remplir les caisses…et les poches.

La véritable source de financement des partis politiques, ce sont les élections législatives. Qu’en est-il exactement ?

 

Les élections législatives sont le point de départ du calcul des subventions publiques. La loi de finance détermine chaque année un budget qui sera alloué à l’ensemble des formations politiques du pays. Depuis 2012, ce sont ainsi près de 68 millions d’euros qui sont distribués chaque année aux mouvements en fonction de leurs résultats aux dernières législatives et du nombre de représentants dont ils disposent au Parlement. Pour accéder à ce financement public, la règle est assez simple. Les mouvements doivent justifier d’au moins 50 candidats ayant obtenus au moins 1% au 1er tour. Dès lors, chaque électeur rapportera environ 1,42 € au parti politique. Vous ne le saviez peut-être pas, mais votre voix vaut de l’or !

A cette première salve de subventions s’ajoute une seconde attribuée aux partis politiques disposant d’au moins un élu à l’Assemblée Nationale ou au Sénat. A ce petit jeu, c’est le PS qui touche le pactole avec 24 924 359 € de subventions par an, suivi de près par LR et ses 18 595 157 € annuels. Les autres formations ne sont pas en reste. Un peu pus de 5 millions d’euros pour le FN, autour de 3 millions pour EELV, le Parti Communiste et l’UDI. Même le mouvement de Nicolas Dupont-Aignan récupère une part du gâteau avec près de 500.000€ de subventions annuelles. 

Tous ces chiffres officiels sont publiques et accessibles via le site de la CNCCFP.

 

A ce magot légal, il ne faut pas omettre la contribution des élus. Une tradition opaque qui, à l’image de celle qui autorise l’embauche d’un conjoint en tant qu’attaché parlementaire, fait davantage partie des « coutumes » admises et pratiquées par l’ensemble du microcosme politique que d’une véritable règle officielle. Il faut donc savoir qu’un élu reverse en moyenne 9% de ses indemnités parlementaires à son parti. C’est le tarif généralement pratiqué. On estime ainsi qu’un élu ‘’rapporte’’ autour de 37.000 € par an à la formation politique qui l’a fait élire. Une sorte de retour sur investissement, en quelques sortes.

 

De tels montants peuvent paraître choquants compte tenu du peu de représentativité des mouvements qui en bénéficient. Ils le sont d’autant plus qu’ils sont versés tous les ans, et ce durant les 5 années que dure une législature. Pour comparaison, le Casse du siècle d’Albert Spaggiari a été évalué à 50 millions de Francs, soit moins de 10 millions d’euros. Ici, le casse se reproduit tous les ans, en plein jour, et comme dirait Fillon, en toute légalité.

Face à de tels montants, on comprend mieux que pour nombre de parlementaires, la politique soit devenue un métier à vie. En fait, ils ont conçu un système de pompe à fric légale qui leur permet de vivre sur le dos et au crochet du contribuable. Pourquoi s’en priver. Mais les législatives des 11 et 18 juin risquent de provoquer un double traumatisme pour tout ce beau monde. Traumatisme politique d’abord, puisque avec le succès programmé de la bande à Macron, c’est toute une génération de politiciens ‘’old school’’ qui devront céder leur place à une nouvelle vague d’élus. L’occasion pour eux, soit de découvrir enfin la difficile réalité du monde du travail, soit de profiter d’une retraite méritée.

Traumatisme économique ensuite, puisque sans élus au Parlement, la source de financement des partis sera vite tarie. Les subventions dispendieuses habituellement versées aux partis disparaitront, provoquant inexorablement la faillite économique des formations historiques. 

 

Mais pendant que les partis traditionnels lutteront désespérément pour leur survie, c'est bien LREM qui raflera la mise et mettra la main sur le magot. Une victoire politique, certes, mais surtout financière.

©Stephane Guyot 2020- Tous droits réservés