Les copains d'abord

Avec la crise de Covid-19, les Français ont eu l’occasion d’apprécier toute la complexité de notre système de Santé. La puissance publique dispose ainsi d’une véritable armée de têtes pensantes aussi divers que complémentaires :

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  • le Ministre de la Santé

  • le Directeur Général de la Santé

  • la direction de Santé Publique France

  • le Directeur de la Haute Autorité de Santé

  • les Directeurs des Agences Régionales de Santé

  • le Directeur de l'Agence Nationale Sanitaire

  • l'Alliance Nationale pour les Sciences de la Vie et de la Santé : Epidémiologie-France

  • le Centre national de recherche scientifique en virologie moléculaire

  • l'Agence Nationale de sécurité du médicament et de la Santé.

  Mais le mille-feuilles administratif n’était sans doute pas assez garni. Suite à la pandémie, nos chers   politiciens, toujours soucieux de veiller aux finances publiques, vont donc créer :

  • le Haut Commissariat de lutte contre les épidémies
  • le Haut Conseil de Veille Sanitaire

  • l’Agence Nationale de Sécurité de Logistique Médicale

 

  Face à cette armée Mexicaine, on serait en droit de considérer que l’Etat dispose de suffisamment de matières grises et de compétences disponibles afin d’assurer dans les meilleures conditions l’organisation de la campagne de vaccination. On se demande donc ce qui aura justifié le recours à, non pas une, mais quatre cabinets de conseils privés pour organiser la logistique de la vaccination en France. Car il n’y a pas que McKinsey qui est intervenu dans l’élaboration de sa stratégie vaccinale. Accenture a été chargé du lancement et de la mise en œuvre du système d’information, les cabinets CITWELL et JLL ont été mandatés pour l’accompagnement logistique et la distribution des vaccins et McKinsey a été chargé de la définition du cadrage logistique et de la coordination opérationnelle.

   Ces pratiques n’ont rien d’exceptionnel. Depuis des années nos gouvernements font appel à ce type de structures. Mais malgré le fait que cette pratique soit connue, et alors que la stratégie vaccinale vire au fiasco général, le recours à des sociétés privées dans un tel contexte est un incroyable aveu de l’incompétence de ces hauts fonctionnaires censés assurer la mise en oeuvre des décisions gouvernementales. On se prendrait presque à invoquer le général de Gaulle pour lui demander si, en son temps, l’Etat faisait appel à de telles officines privées pour gérer le pays !

  Au-delà d’un coût exorbitant (la facture s’élèverait à près de 2 millions d’euros par mois rien que pour McKinsey), le désastre vaccinal à la Française serait la conséquence de lourdeurs administratives et d’un manque de coordination entre tous les acteurs décisionnaires. Il faut savoir qu’avant de vacciner Mauricette, il aura fallu obtenir le feu vert de la Direction générale de l’offre de soins (DGOS), la Direction générale de la santé, la Direction générale de la cohésion sociale (qui s’occupe des Ehpad), la Dotation globale de fonctionnement (DGF), du responsable de la vaccination, du responsable de la logistique de la vaccination, du secrétariat général, du directeur de cabinet et enfin du ministre. Malgré ce casting pléthorique d’éminents serviteurs de l’Etat, il n’y aurait donc personne qui soit capable de faire le travail pour lequel il est payé à prix d’or ? A quoi bon conserver autant d’organismes publics si en fin de compte le boulot est assuré par un, ou des, prestataires privés ? Il est plus qu’urgent de dégraisser le Mammouth !

  L’Etat dilapide le denier public pour masquer les incompétences de ses représentants. Mais les Chats oublient un peu trop vite qu’il s’agit de l’argent des Souris qui est ainsi détourné au profit d’intérêts privés. La pilule est d’autant plus difficile à avaler quand on s’attarde sur l’organigramme de ces cabinets de conseils. L’un des dirigeants de McKinsey par exemple, un certain Karim Tadjeddine, est en effet un proche d’Emmanuel Macron qu’il a longtemps côtoyé au sein de la commission Attali où ils ont fait leurs classes. Il a notamment participé au lancement d’En marche en 2016. Le profil de Maël de Calan attire également l’attention. Candidat malheureux à la présidence des Républicains en 2017, ce pure produit de l’école Juppéiste est un proche de Jean Castex. Depuis 2018,  il est associate partner chez…McKinsey.

   N’y aurait-il pas là la manifestation évidente d’un conflit d’intérêt caractérisé ? Après le mensonge d’état sur les masques, le scandale se poursuit donc avec la gestion catastrophique de la vaccination…et mon petit doigt de Souris me dit que nous ne sommes pas au bout de nos surprises !