Lettre aux politiques

Publié le 2 juillet 2017

Vous vous trompez ! Vous nous trompez !

 

Moi, citoyen, je prétends que vos promesses d’éternels candidats en mal d’électeurs sont les seuls moyens dont vous disposiez pour masquer votre absence de légitimité et votre incapacité à résoudre les problèmes de la France.

Moi, citoyen, je prétends que l’infime minorité que vous représentez réellement détient tout à fait illégalement le pouvoir et que votre présence perpétuelle à la tête de la France est une insulte faite à l’esprit de la démocratie.

 

Vous prétendez que la France est une démocratie mais lequel d’entre vous a déjà ouvert un dictionnaire à la page de ce mot pour en contrôler la définition ? Non, bien sûr ! Aucun d’entre vous n’a accompli cette démarche simple et naturelle qui distingue l’homme de dogme de l’homme de bon sens, le partisan du citoyen, l’oligarque du démocrate. 

Selon vous, la France serait une démocratie parce que les citoyens disposent de leur droit de vote afin de déterminer lequel d’entre vous accèdera au pouvoir. 

Quel cynisme !

 

La réalité est que la France est une démocratie mais que vous êtes élus avec plus de 60% d’abstention et de votes ‘’blancs’’ cumulés ; la France est une démocratie alors que 98% de la population en âge de voter refuse d’adhérer à l’un de vos partis ; la France est une démocratie mais seuls les plus fortunés peuvent se présenter à une élection ; la France est une démocratie mais le Sénat n’est pas élu par les citoyens mais par les ‘’copains’’ déjà élus ; la France est une démocratie mais les Français vous renient, sondages après sondages, ce qui vous reste de légitimité.

Share 

‘’ En démocratie, chacun a le pouvoir de désigner ceux qui exercent des responsabilités publiques ‘’

Cette définition est celle de l’actuelle démocratie telle que vous nous l’imposez, vous, la classe politique. Elle s’applique à tout pays qui ne laisse au peuple que le pouvoir de ratifier une présélection de candidats désignés par leurs partis respectifs. Il me reste, à moi électeur, le pouvoir de choisir l’un d’entre vous.

 

Mais cette définition, pourtant communément admise, reste incomplète car dans une réelle démocratie, ‘’chacun a le pouvoir d’être élu pour exercer des responsabilités publiques’’.

Cela signifie que chacun d’entre nous, s’il en exprime la volonté, peut être désigné afin d’exercer une responsabilité politique sans devoir prostituer sa citoyenneté par l’achat d’une de vos cartes de parti.

 

J’insiste sur ce fait essentiel. La démocratie n’est pas seulement un système dans lequel chacun peut voter, c’est avant tout un système où chacun peut être élu.

 

Peut-être ne discernez-vous pas encore tout-à-fait, messieurs les politiques, non pas la nuance, mais l’abîme qui sépare ces deux définitions. Mais moi, citoyen de France, j’ose affirmer qu’en verrouillant l’accès à un mandat national à vos formations partisanes*, vous détournez à votre profit le sens du mot ‘’démocratie’’.

Moi, citoyen de France, je vous accuse d’avoir travesti la Constitution de 1958 en un outil d’exclusion de la participation des citoyens à la vie de la cité, alors qu’elle devrait leur permettre d’en être les principaux inspirateurs et les protéger de vos abus.

Moi, citoyen de France, je vous accuse de salir l’esprit de l’action politique par votre carriérisme aveugle et la corruption généralisée qui gangrène vos partis. 

 

Le peuple de France est un peuple en souffrance !

Ne perdez pas de vue, Messieurs les politiques, qu’un peuple qui souffre est un peuple en colère. L'actualité sociale nous en apporte chaque jour l'évidente démonstration. En refusant délibérément d’entendre cette gronde qui, le jour de l'élection, se réfugie dans le FN, non par adhésion mais par rejet de vos partis, vous jouez à un jeu dangereux dont les conséquences seraient dramatiques pour la Nation toute entière.

Un peuple que l’on trahi est un peuple qui se révolte. Prenez garde, messieurs les responsables politiques, que la révolte des urnes ne porte le ‘’Ras-le-bol National’’ sur le trône de France.

Si tel devait être le cas en 2017, vous en seriez, et vous seuls, les uniques responsables.

Messieurs les politiques,

C’est à vous que je m’adresse pour exprimer la colère des citoyens. 

Que vous soyez de gauche, de droite ou du milieu, vous nous assénez sans cesse les mêmes boniments, les mêmes discours creux. Que vous soyez de droite, de gauche ou d’ailleurs, vous nous expliquez que nous ne disposons d’aucune alternative démocratique, que vous seuls serez aptes à redresser la France et à lutter contre la montée du Front National.

©Stephane Guyot 2020- Tous droits réservés