Ouvrir les portes de l'Assemblée Nationale

Avec moins de 500.000 adhérents cumulés, l’ensemble des partis politiques représente à peine plus de 1% du corps électoral français. Une réalité comptable qui contraste avec l’omniprésence médiatique de leurs représentants. Cette contradiction se retrouve au coeur même de l’institution démocratique. En effet, l’Assemblée Nationale est constituée exclusivement d’élus issus de ces partis. La plupart d’entre eux ont fait de la politique un métier, cherchant même parfois à conserver leurs mandats par tous les moyens. L’exemple de Gilles Carrez, Président de la commission des finances, illustre parfaitement cette professionnalisation du pouvoir. Député du Val-de-Marne depuis 1993, il sera candidat en juin prochain pour un 6e mandat consécutif. Une longévité en totale opposition avec la demande de renouvellement pourtant exprimée par les électeurs.

Même une moule change parfois de rocher !

 

Conséquence directe de la banalisation de ces pratiques, 88% des français ne se sentent pas, ou peu, représentés par ces professionnels du mandat. Inutile de se lancer dans de grandes analyses philosophiques pour expliquer cette défiance. Il suffit de regarder l’origine sociale ou professionnelle de nos députés pour constater l’immense décalage entre la « représentation nationale » et le citoyen ordinaire.

Combien d’ouvriers, d’artisans, de salariés du secteur privé, de retraités, de paysans, d’étudiants ou de simples smicards sur les bancs de l’Assemblée pour discuter des lois ?

Ne cherchez pas, il n’y en a quasiment pas !

Ces catégories socio-professionnelles, totalement sous-représentées au Parlement, représentent pourtant l’immense majorité de la population. Comment se fait-il que ceux qui vivent avec les conséquences de la loi soient à ce point exclus des décisions qui les concernent ? En toute logique, ne pourrait-on concevoir, au Pays des Souris, que l’élaboration des lois ne soit plus confiée à des chats, mais aux souris elles-mêmes ?

 

La question de la compétence invoquée par nos parlementaires est un prétexte qui ne repose sur aucun fondement tangible. Quelles compétences faudrait-il justifier pour pouvoir estimer, en son intime conviction, qu’une loi est utile, injuste, bonne ou mauvaise. Ce serait créditer l’idée saugrenue qu’un bon député détiendrait un savoir particulier en toutes circonstances et dans tous les domaines. Un tel principe impose qu’un Ministre de l’Education Nationale soit nécessairement un ancien prof, celui des Armées un ancien militaire et le Secrétaire d’Etat au numérique un ex-geek à peine sorti de la puberté ! Ce type de raisonnement alimente l’idée fausse que faire de la politique serait une profession réservée à une élite seule compétente pour accomplir son mandat.

Bien évidemment, il n’en est rien. Croire, ou faire croire, que la capacité d’un citoyen à apprécier un texte de loi reposerait sur des connaissances qu’il n’a pas est un mensonge entretenu par ceux-là même qui tentent de conserver le pouvoir ainsi que les privilèges associés. Bien au contraire, exercer un mandat politique ne peut être assimilé à un métier. C’est un contrat moral à durée déterminée au cours duquel les citoyens de tous horizons mettent leur engagement et leurs convictions au service du pays. Personne, pas même Gilles Carrez, ne devrait pouvoir enchainer 6 mandats consécutifs au même poste !

C’est bien sur ce principe « d’intime conviction » que se fonde notre système judiciaire. Les jurés d’assise ne sont effectivement pas retenus sur un critère de compétences. Ce sont de simples citoyens, non-professionnels de la Loi et tirés au sort parmi la population pour participer activement à l’expression de la justice. 

 

C’est donc sur ce principe, et pour corriger les carences du système représentatif actuel, que le Parti du Vote Blanc présentera ses candidats aux élections législatives des 11 et 18 juin. Ces candidats seront des citoyens ordinaires, des femmes et des hommes libres de toutes attaches partisanes, rassemblés autour de valeurs fondamentales et engagés au service d’une démocratie renouvelée. Leur mission s’articulera autour de 2 objectifs distincts et complémentaires.

Le premier, faire adopter une loi pour la reconnaissance du vote blanc. Cet engagement est le coeur de notre action depuis 5 ans. 85% des électeurs y sont favorables. Malheureusement, nous savons aujourd’hui que les pro du mandat y sont farouchement opposés. La loi de 2014 est en la plus évidente démonstration. Ayant acquis la certitude que cette avancée démocratique ne sera possible que si elle est portée par les citoyens eux-mêmes, nous initierons les réformes que le pouvoir politique refuse d’engager.

Le second volet de leur mission consistera à faire participer directement les citoyens au vote des lois. Dans ce système participatif, les décisions des élus du PVB ne seront pas dictées par les intérêts d’un clan ou d’un parti. Elles seront le résultat d’une réflexion concertée avec les électeurs de leurs circonscriptions respectives. Le respect d’une Charte des Valeurs agira comme un cadre éthique, moral et protecteur.

 

C'est ainsi qu'une véritable démocratie devrait fonctionner. Une démocratie qui ne serait plus intermittente, rythmée par un calendrier électoral où les citoyens sont réduits au rang de simples électeurs. Une démocratie où chacun aura son mot à dire dans le respect d'une véritable pluralité de l'opinion et d'une réelle représentativité des élus qui agiront en leur nom. 

En permettant à l’ensemble des français d’exprimer leur avis sur chacune des propositions de loi soumises à l’Assemblée Nationale, le Parti du Vote Blanc confirme sa volonté d’impliquer les citoyens au coeur du processus démocratique. Une telle (r)évolution de nos pratiques politiques s’inscrit directement dans une réflexion globale de rénovation des institutions avec pour mot d’ordre : rendre le citoyen véritablement acteur de son destin.

©Stephane Guyot 2020- Tous droits réservés