Question de Confiance

Depuis quelques semaines, le gouvernement s’efforce de multiplier les déclarations d’intentions et autant de plans ‘’choc’’. Choc de la compétitivité, choc de la simplification, choc de la moralisation de la vie publique, autant d’effet d’annonce en réponse au moral des français qui n’a jamais été aussi bas. Car il faut bien l’admettre, devant la répétition des scandales et des ‘’affaires’, face à l’augmentation incessante des prix des biens de consommation indispensables, et plus généralement du coût de la vie, ce sont bien les citoyens qui sont actuellement sous le choc.

Et tandis que les coups pleuvent sur le moral des français, un sentiment grandissant de défiance généralisé gangrène, lentement mais sûrement, l’ensemble d’une classe politique jugée récemment par 77% des français comme corrompue.

 

Pour palier ce sentiment naturel et légitime, le président Hollande avait annoncé la mise en place d’un éventail législatif censé apporter de la transparence à l’opacité des pratiques politiques et reconquérir la confiance des électeurs. 

Le ‘’choc’’ de la moralisation était lancé ! 

Un ‘’choc’’ ? En fait à peine une ‘’pichenette’’ ! Car en refusant la création d’un parquet financier et en interdisant aux associations de lutte contre la corruption de se constituer partie civile, le Sénat allait réduire à néant les maigres efforts gouvernementaux. Les solutions à priori retenues, pour pertinentes qu’elles soient, ne répondront pas à la gravité du problème.

 

La réalité est que les Français ont perdu toute confiance en leurs élus. Une perte de repères qui se traduit par la montée des votes extrêmes et d’une abstention systématique, au point qu’elle soit devenue le premier parti de France. Une défiance alimentée par les trop nombreux passe-droits, avantages et divers privilèges que s’accordent une classe politique qui trouve toujours, dans ces cas-là, un consensus général. Et quand les français perdent confiance dans leurs institutions démocratiques, ce sont leurs représentants qui, eux, perdent peu à peu toute forme de légitimité. 

Une crise de confiance sans précédent que nos dirigeants devront pourtant enrayer s’ils veulent maintenir l’unité de la Nation. Mais si des règles morales, déontologique, éthiques peuvent encore être imposées par la voie législative, la confiance, elle, ne se décrète pas par la loi. Elle se gagne ! Et pour que le citoyen retrouve la confiance en ses gouvernants, il ne peut continuer à demeurer le spectateur passif du triste spectacle qui lui est trop souvent offert. Il doit redevenir acteur de la vie politique et ne plus être tenu à l’écart des décisions qui le concernent. 

C’est pourquoi il est indispensable de repenser en profondeur le mode de gouvernance de notre pays en renforçant le pouvoir accordé aux citoyens eux-mêmes. Un pouvoir qui s’exercera par l’instauration de différents outils démocratiques :

 

  • Mise en place d’un réel Referendum d’initiative citoyen qui, à l’instar d’autres pays comme la Suisse, l’Autriche ou certains états américains, offrira la possibilité de proposer un projet législatif mais aussi d’invalider une loi qui aurait été votée contre la volonté des citoyens. 

  • Instaurer immédiatement le non-cumul des mandats comme réalité politique et limiter dans le temps une fonction élective à 2 mandats successifs. 

  • Reconnaître le vote blanc pour permettre aux électeurs insatisfaits par l’offre politique d’exprimer leur exigence démocratique sans être contraints de se réfugier, faute de mieux, dans l’abstention ou le vote sanction.

  • Organiser une Assemblée Constituante, sorte d’équivalence de l’Assemblée Nationale mais dont les membres seraient issus de la société civile, et qui agirait comme gardien d’une vigilance citoyenne face aux risques de manquements ou d’abus de pouvoir du législateur.

  • Réformer la sélection des candidats à l’élection présidentielle en remplaçant le système clanique des 500 parrainages par un parrainage citoyen tel que le candidat Hollande l’avait promis en son temps.

 

Notre démocratie à un prix. Sa pérennité repose sur les valeurs d’exemplarité, de probité et d’éthique de ceux qui prétendent agir en son nom. Pour que notre démocratie vive, elle doit se munir de tous les outils qui favoriseront son fonctionnement. C’est à ce prix-là, et à ce prix seulement, que la confiance des citoyens sera de retour. Mais quand le pouvoir politique en appelle à la confiance des français, il ne peut dans le même temps s’exonérer du principe de réciprocité. Car la confiance offre cette singularité qu’elle ne peut exister de manière pérenne que si elle est réciproque. 

 

Il ne tient qu'au législateur, et à l'exécutif, d'accorder sa confiance au peuple qui l'a élu.

Au Pays

     des Souris

le Blog politique de

Stéphane Guyot

 A voir          

 Ailleurs sur le Web              

Malgré plusieurs mis en examen, Jean-Noel Guerini conserve sa capacité de nuisance 

Le député-Maire de St Raphael, Georges Ginesta, finance sa somptueuse villa aux frais de l'Assemblée Nationale

Le salaire des politiques et des élus

Thomas Thévenoud, membre de la commission du Développement durable...

Les parlementires votent un doublement de leur indemnisation en cas de défaite

©Stephane Guyot 2020- Tous droits réservés